Halal : Une simple polémique ?

Publié le par Moi

Décidément, cette campagne d’élection présidentielle aura été auréolée par le phénomène « Halal » qui dépasse largement les clivages de la protection animale, seul point qui nous invitait jusqu’alors à M@scoTT’ à nous pencher sur ce point d’actualité brûlant.

Mais à y regarder de plus, la condition animale n’est pas le seul angle sulfureux de ce sujet. Nos deux supposés vainqueurs de ce grand rendez-vous élyséen, (mais aussi les autres, à l’exception de Marine Le Pen et d’Eva Joly), éludent le phénomène Halal, balayant d’un revers de manche certaines évidences gênantes.

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Bien facile d’invoquer une polémique sans intérêt lorsque l’on veux ne pas tremper ses pieds dans ce plat fortement épicé, mesdames et messieurs les candidats !

Sans parti pris à l'égard des communautés juives et musulmanes, respectables dans leurs croyances, le phénomène Halal, qu'on le veuille ou non, puise ses racines jusque dans une terre fertilisée à la sauce européenne et le « dossier » est loin d'exprimer « une simple polémique » comme l'ont énoncé à peu prés en ces termes tant Nicolas Sarkozy que François Hollande.

En effet, au nom du profit mais surtout pour satisfaire à une immigration de plus en plus nombreuse, et, disons-le, franchement, exigeante, l'Union Européenne et la France au nom d'un multiculturalisme très présent, s'efforcent de satisfaire ces deux communautés revendiquant une série de droits en contradiction avec les lois d'abattage des animaux; lesquels, sur le sol européen, doivent être étourdis avant l'égorgement. Mais peu importe, pour nos élus, la question halal ne repose pas sur la considération de la souffrance animale, jugée sans intérêt, donc jamais abordée. Et pour cause ! Le juteux marché, honoré de l'épithète « halal », en plein essor, s'étendant aussi à d'autres produits, seuls les chiffres éloquents, et le facteur politico-économique constituent le centre du débat. Presque soixante-dix milliards de dollars représenteraient quinze millions de consommateurs européens ! Vous avez tout compris ! Voilà pourquoi « ON » n'est pas prêt de satisfaire la demande des amis des animaux pour ne point contrarier les effets de ce phénomène hautement économique... « Une simple polémique », disent-ils !

Fabricants de foie gras, fromage, yaourt, boissons sans alcool, conquièrent aussi cet important marché tentant de le rendre conforme aux rites juifs et musulmans plus motivés par l'aspect de la rentabilité de la production que par conviction à l'égard de ces rites. L'on comprend aisément que déplaire à quelques influences économiques relèverait d'une maladresse politique sans précédent, « la simple polémique ».

Une question, une question « toute bête » sans jeu de maux devrait effleurer l'esprit de nos compatriotes. Il y a là dessous, au nom du prétexte hypocrite de ne pas « dresser les français les uns contre les autres », une volonté délibérée de la part de nos dirigeants ou de ceux qui prétendent vouloir leur succéder de laisser l'Hexagone et l'Europe « s'islamiser » au nom du seul profit et de l'intérêt de satisfaire, à plusieurs égards, les bénéficiaires religieux. Lorsque il est pratiquement certain qu'en Ile-de-France la viande est cent pour cent Halal et dans le reste des abattoirs français de quatre-vingt-dix pour cent, nous, consommateurs, chrétiens, sommes en droit de nous poser aussi des questions au delà du phénomène de la condition animale. Ne mangerions nous pas Halal sans le savoir ? Qu'en disent les circuits de distribution ? Muets, imprécis, falsificateurs !

Tiens donc ! Nous, consommateurs, n'avons-nous pas le droit de savoir comment est obtenue notre viande ? Un label serait pourtant le bienvenu !

Alors, vous interrogez-vous toujours sur les motivations qui incitent nos gouvernements à neutraliser les actions des organisations de protection des animaux ?

Question qui en appelle forcément une autre : « Qu'en serait-il des européens exilés dans les pays du Maghreb, d'une exigence justifiée de leur part auprès des autorités influentes pour que leur viande provienne d'animaux abattus après étourdissement ? ». Je doute fort que leurs doléances, si elles étaient exprimées avec une teinte d'insistance, recueillent non seulement les suffrages des dirigeants mais que ces consommateurs pertinents se voient « passer sur le grill », c'est-à-dire éconduis manu-militari jusqu'aux frontières de leurs pays respectifs...

En attendant, les défenseurs des animaux, encadrés par une non volonté politique du respect la condition animale peuvent toujours attendre que les lois d'abattage soient respectées. Il ne faut pas, paraît-il, heurter les consciences. Celle des animaux n'existe pas au nom de certains principes religieux !

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