Faites vos courses en prison!

Publié le par Moi

En prison, les condamnés peuvent acheter des produits de compléments pour améliorer leur quotidien – ils ne faut pas qu’ils souffrent trop - comprenez-vous, déjà qu’ils sont en prison, les pauvres.   

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Supermarché carcéral – moins cher que Leclerc !

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Mais à la différence des Leclerc, Carrefour et autre Auchan, les prix sont fixés par l’administration pénitentiaire, qui achète les produits, fixe les prix, et les revend  à perte

Autrement dit, une partie de vos impôts est distribuée à ceux qui menacent votre sécurité et vos biens pour abaisser leur coût de la vie carcérale.   

Ainsi assiste-t-on à une aberration : ce ne sont plus les familles qui apportent des colis aux prisonniers, mais les prisonniers qui font leur marché pour leurs familles. A vos frais bien entendu.   

En prison, un paquet de 500 g de riz coûte 0.36€ au lieu de 2.70€ : 87% de moins pour  que pour vous, puni d’être honnête dans ce monde de chambardement des valeurs.  

Un Pot de Nutella, 1,11€ pour les violeurs, au lieu de 3,13€. Le Ketchup, 0,46€ pour ceux qui cambriolent les petits bijoutiers, 1 euro pour vous. Un pot de confiture : 0,67€ si vous avez fracassé le crâne d’une vieille dame, au lieu de 1,45€ si vous lui avez laissé votre siège dans le bus. La Ricorée est à 3,45€  , alors que vous la payez 4,90€ chez Auchan, etc.   

La liste – 200 produits en tout, continue de la même façon, sous le nez de gardiens à qui les prix offerts aux prisonniers sont interdits, et dont les syndicats sont en rage.

   

C’est énorme. À l’heure actuelle, on nous dit qu’il n’y a plus de budget pour le mobilier et le matériel afin de travailler correctement. Nos salaires sont gelés, il n’y a pas d’augmentation. Et on voit tout cet argent qui part dans les cantines (JPG : c’est le nom des supermarchés carcéraux) des détenus, c’est aberrant, explique Thierry Meudec, un surveillant, secrétaire adjoint de l’Ufap Unsa   

Christian de Belvalet, délégué CGT fait le même constat :   

Je n’arrive pas à comprendre. Déjà que le budget pénitentiaire était serré, l’an passé cela a été dur de se faire payer les heures supplémentaires. Je ne sais pas comment les gens qui sont à l’extérieur, sans logement ni travail, vont prendre cette aide à des gens qui ne sont pas des enfants de choeur.   

Après la Croix Rouge, qui se déplace dans les prisons pour offrir aux racailles femmes des soins esthétiques non facturés, et les salons de coiffure gratuits pour les crapules (2), le discount des produits vendus dans les prisons sert-il à adoucir la honte d’avoir à jeter les voyous en prison ?   

Reproduction autorisée, et même vivement encouragée.

           Jean-Patrick Grumberg 

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