L’ABATTAGE RITUEL JUIF ET MUSULMAN DANS LES ABATTOIRS FRANÇAIS

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L’ABATTAGE RITUEL JUIF ET MUSULMAN DANS LES ABATTOIRS FRANÇAIS
Rapport de : Philippe RADAULT
lundi 29 octobre 2007

Si ces communautés agissent de la sorte, c’est parce qu’elles ont la conviction que cela relève d’un commandement d’ordre divin, inscrit dans leur livre sacré respectif.

Ceci est faux, et ne relève que de traditions prophétiques. Les seules injonctions concernant la consommation des animaux de boucheries autorisés sont, pour la Tora :

-"Vous ne mangerez de sang d’aucune chair car la vie de toute chair, c’est son sang et quiconque en mangera sera supprimé." (Lévitique 17,14)

et :

-"Quiconque, citoyen ou étranger, mangera une bête morte ou déchirée (par un fauve), devra nettoyer ses vêtements et se laver avec de l’eau ; il sera impur jusqu’au soir, puis il sera pur." (Lévitique 17,15)

Pour le Coran, les ordres sont les suivants :

-"Il vous est interdit de manger les animaux morts, le sang, la chair du porc, et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui de Dieu." (Sourate 2 – verset 173)

La Sourate 5 – verset 3 précise également que "la chair de la bête étouffée, de la bête tombée sous des coups (…) est illicite, sauf si vous l’avez purifiée (en saignant l’animal avant qu’il ne meure)."

Rien dans les textes sacrés n’empêcherait donc l’étourdissement préalable par assommement ou par électronarcose de ces animaux, comme cela est pratiqué dans l’abattage traditionnel : respectivement, coup de matador * sur le front puis saignée de l’animal (pour les bovins et les ovins), électrocution anesthésiante puis saignée de l’animal (pour les ovins). Cela évite la panique lors de la mise à mort et donc, un surcroît de souffrance physique et morale, et ne s’oppose en rien aux rites juifs et musulmans, contrairement à ce qui est si souvent avancé.

Car lorsqu’un animal est étourdit, il ne meurt pas, son cœur continue à battre parfaitement. Il est juste rendu inconscient. Par conséquent, lors de la saignée, l’animal se vide aussi bien que lors d’un égorgement en pleine conscience (rappelons toutefois que quel que soit le mode d’abattage choisi, il est impossible de saigner une bête en éliminant la totalité de son sang).

Ainsi le rappelle le professeur Gilbert Mouthon, de l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort :

-"Dans l’abattage traditionnel, au matador ou par électronarcose, l’animal est parfaitement vivant au moment de la saignée. Les grandes fonctions sont conservées. Le cœur bat normalement, la respiration se fait. Il y a confusion entre le fait d’être vivant et celui d’être conscient ; et c’est là que se joue la différence. Dans l’abattage traditionnel, l’assommement ou l’électronarcose rend inconscient l’animal mais ne le tue pas."

L’étourdissement de l’animal fait partie intégrante d’un processus d’abattage : il est indissociable de l’acte de saignée survenant juste après et se déroulant, en abattoir, au même endroit : dans la salle d’abattage. Par conséquent, on ne peut en aucun cas l’assimiler à la "déchirure d’un fauve" !

J’ai sollicité un entretien avec le recteur de la mosquée de Paris, le docteur Dalil Boubakeur mais ce dernier n’a pas répondu aux deux lettres que je lui ai envoyées (la deuxième avec accusé de réception).

En revanche, j’ai été reçu par le rabbin Michel Brami, responsable des abattages rituels juifs en France, au consistoire de Paris. Celui-ci m’explique :

-"Une fois que les artères sont sectionnées, la tension artérielle de l’animal chute ; le cerveau de l’animal n’est plus alimenté ni en sang, ni en oxygène et on a la mort de l’animal très rapidement ; il meurt en une dizaine de secondes… Même si l’animal se débat, il ne souffre pas, ce sont des réflexes nerveux et au bout de quelques secondes, la tension artérielle a complètement chuté."

Nous sommes loin de ce que le professeur Mouthon m’a confié :

-"Il a été prétendu que l’hémorragie entraînait une hypotension telle que l’animal n’était plus conscient : c’est faux ! Vous pouvez le constater dans n’importe quel abattoir où des égorgements ont lieu et l’animal se relève… Il se relève… Il est parfaitement conscient malheureusement. Et ça c’est une aberration. Et d’ailleurs des pays européens ont interdit l’abattage rituel sans étourdissement, la démonstration ayant été faite que l’animal restait vivant, ce qui était demandé par la religion, et non pas conscient."

Il convient aussi de rappeler qu’au moment du tranchage de la trachée artère et des carotides, le cerveau contient encore suffisamment de sang pour tenir. De plus, lors de la section, la moelle épinière n’est pas touchée : celle-ci contient une petite quantité de sang, donc de l’oxygène qui continu d’alimenter le cerveau par le bulbe rachidien. Ceci explique le fait que l’animal puisse vivre plusieurs minutes après un acte d’abattage rituel : il reste conscient, ressent la douleur, peut se relever et même courir durant la phase agonique. De plus, on peut observer la persistance d’un réflexe cornéen, lequel sert de critère pour la perte de conscience :

Puis j’en viens à poser une autre question au rabbin :

-"Étourdir l’animal avant la saignée évite la panique et donc le surcroît de souffrance physique et morale pour l’animal puisque celui-ci, tout en restant vivant, est rendu inconscient; seriez-vous favorable à un étourdissement préalable dans la pratique de l’abattage rituel ?"

Voici sa réponse :

-"L’étourdissement peut avoir un effet sur l’évacuation du sang… L’évacuation du sang peut se faire à un rythme beaucoup plus lent, ce qui poserait des problèmes."

Là encore, la parole scientifique du professeur Mouthon semble infirmer l’assertion : en effet, lorsque je lui demande :

-"Un animal abattu d’une manière traditionnelle, au matador ou par électronarcose, se vide-t-il aussi bien de son sang qu’un animal abattu rituellement ?"

Il me répond, catégorique :

-"Tout à fait de la même manière. Il n’y a aucune différence."

Le rabbin poursuit son explication sur le déroulement de l’abattage rituel juif :

-"Après l’abattage rituel, il y a une vérification des poumons essentiellement, et des autres organes. Il faut voir s’il y a un organe qui manque ou s’il y a un organe en plus. On regarde si les poumons ne sont pas perforés. Donc, on les gonfle et on voit s’il n’y a pas de perforation. Mais avant cela, il y a déjà une première vérification des poumons, lorsqu’ils sont encore à l’intérieur de la bête (laquelle vient de mourir) : on sectionne le diaphragme et le rabbin entre la main et tâte le poumon pour savoir s’il y a une adhérence. Si tel est le cas, il la repère et lorsque l’on sort l’organe, il va vérifier s’il y a une perforation ou non."

Je lui demande :

-"Et que se passe-t-il dans le cas d’une perforation ?"

M.B. : -"Et bien ce n’est pas kasher ; on ne peut pas consommer, c’est interdit."

P.R. : -"Que devient alors la bête ?"

M.B. : -"La bête continue un circuit traditionnel normal, elle est remise dans la circulation classique."

P.R. : -"Si je vous suis bien : au début, le mode d’abattage est religieux ; si une bête, à la suite d’un examen post-mortem, est déclarée non kasher, elle rejoint le circuit traditionnel habituel. Mais est-ce que les gens qui vont acheter cette viande vont être informés qu’il y a eu un autre type d’abattage, celui-ci sans étourdissement préalable?"

M.B. : -"La viande ne peut sortir de l’abattoir qu’après agrément des services vétérinaires. Ce sont eux qui décident si cette bête peut sortir de l’abattoir ou pas."

En d’autres termes et pour formuler très clairement ce que le rabbin n’a pas spécialement précisé : rien n’indique au consommateur ordinaire qu’un animal a supporté un acte d’abattage rituel.

Par ailleurs, seul l’avant des animaux, de la tête à l’arrière des épaules (coupe à la huitième côte, pour les bovins) peut être consommé par les personnes de confession juive, sous l’appellation "viande kasher" et vendu dans les boucheries spécialisées. Tout l’arrière des carcasses, le dos, les flancs, les cuisses, toutes les parties en liaison avec le nerf sciatique sont refusées par la religion juive (viande illicite) et seront donc également remises dans la circulation classique (hypermarchés, bouchers détaillants, restaurants, cantines scolaires etc.).

Ceci est une tromperie pour les consommateurs qui n’adhèrent pas à la religion juive, les non-croyants et les protecteurs des animaux qui souhaitent que les bêtes soient étourdies avant d’être saignées.

Citons le témoignage d’un ancien enquêteur appartenant à une association de protection animale :

-"Dans un abattoir que je visitais, 50 gros bovins ont été égorgés par un sacrificateur juif ; seul 23 animaux ont été choisis et déclarés licites pour être kasher. Les 27 autres animaux, refusés, ont été remis dans la circulation classique. Les parties arrières des 23 animaux choisis ont été également remises dans la circulation classique."

Dans le cas de l’abattage rituel musulman, la totalité d’un bovin peut être consommée par les personnes de confession musulmane et vendue sous l’appellation "viande halal" dans les boucheries spécialisées. Mais en ce qui concerne les ovins, les musulmans consomment davantage d’abats que de viande de mouton : les carcasses de viande non consommées sont alors remises dans la circulation classique (de l’ordre de 50%). Exemple : sur 100 moutons égorgés selon le rite musulman, en pleine conscience, environ 50 seront vendus entièrement (carcasses et abats) dans les boucheries halal spécialisées mais seulement les abats des 50 autres seront vendus dans ces boucheries, tandis que les carcasses seront remises dans la circulation classique.

Là encore : aucune information pour le consommateur quant au mode d’abattage pratiqué.

Ceci est une tromperie pour les consommateurs qui n’adhèrent pas à la religion musulmane, les non-croyants et les protecteurs des animaux qui souhaitent que les bêtes soient étourdies avant d’être saignées.

Lors du tranchage de la gorge, l’œsophage est lui aussi sectionné. Du fait des réactions physiques de l’animal conscient et d’un stress maximal, la bête peut vomir. Les contenus de l’estomac appelés "bols alimentaires" ou "résidus stomacaux" contiennent beaucoup de bactéries, des parasites, du suc gastrique (acide). Lors de cette régurgitation, cette vomissure souille la plaie de la gorge tranchée, se mélange au sang expulsé et se répand sur les viandes du cou consommables appelées "collier" ou "chaînette". Le vomi peut également entrer dans la trachée artère de l’animal et ainsi passer dans le poumon, ce qui aura pour effet de contaminer la cage thoracique.

L’abattage rituel offre donc un risque sanitaire supplémentaire possible.
Après avoir assisté à plusieurs abattages rituels dans un grand abattoir public, je suis allé m’entretenir avec le directeur du lieu, M. Gérard Vergracht. Son témoignage est intéressant. Avec virulence, il me dit :

-"Je suis résolument contre l’abattage rituel et je n’arrive même plus à y assister. Ce sont des souffrances anormales pour un animal. Je ne suis pas d’accord. On le fait parce qu’on est obligé. On a aussi des obligations de par la Préfecture : il faut qu’on le fasse pour ne pas que cela soit fait autre part que dans un abattoir ; il faut prendre conscience de ça aussi…
On doit, de par un cahier des charges contractuel, le respecter. Mais ma position personnelle, elle est claire et nette : je ferai tout pour qu’on évite de le faire.


Quand je pense qu’il y a des maîtres d’écoles qui viennent avec des lycées faire voir des choses comme ça, je suis scandalisé. C’est du massacre, des souffrances terribles pour l’animal : je suis persuadé qu’il souffre… Et c’est d’autant plus pénible que souvent, nombre de musulmans veulent assister à l’abattage rituel et emmènent leurs enfants avec eux. C’est déplorable… déplorable… Une des raisons pour lesquelles on a arrêté la mise à mort des moutons dans notre abattoir est celle-ci : on leur mettait toujours le coup de pince électrique anesthésiante sur le crâne pour leur éviter un égorgement en pleine conscience. La communauté musulmane n’était pas contente… Mais j’avais l’agrément des services vétérinaires."

P.R. : -"Avez-vous subi des pressions visant à la restauration d’un abattage rituel en pleine conscience des moutons ?"

G.V. : -"Oh bien sûr ! voire des menaces… voire des menaces…"


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Nota : Dans le souci du respect des religions, ce rapport n’a pas pour but de faire interdire l’abattage rituel mais bien de faire imposer l’étourdissement préalable des animaux avant le sacrifice. Et il n’y a rien qui s’oppose à l’assommement ou à l’électronarcose préalable des animaux abattus rituellement. Cela se pratique déjà dans d’autres pays européens. Mieux même : les deux religions considèrent les animaux comme des créations divines, donc dignes de respect. Pour le Coran et la Tora, il convient le plus possible d’éviter les souffrances d’une bête lors de sa mise à mort.
En conclusion : en refusant l’amélioration du traitement réservé aux animaux abattus rituellement, les communautés juives et musulmanes se trouvent en contradiction manifeste avec leur texte sacré respectif.

* Le matador, appelé aussi pistolet d’abattage, est un appareil dans lequel on place une petite cartouche de poudre. On l’applique sur le front de l’animal, et au déclenchement, une tige perforante métallique s’enfonce rapidement dans le cerveau, ce qui a pour effet d’assommer l’animal, lequel s’effondre aussitôt.


Source de l'article: http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54289

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Les écrits sacrés :

La Bible dit: "Tu pourras immoler du gros et du petit bétail que t'aura donné Yahvé, comme je te l'ai ordonné" (Deutéronome 12:21). Nulle part cependant la Bible ne précise les modalités d'égorgement de l'animal.

Ni la Bible ni le Talmud ne contiennent une interdiction de l'étourdissement de l'animal avant de l'abattre. Cela s'explique par le fait que l'étourdissement est un procédé tardif lié à l'évolution des mœurs, notamment en ce qui concerne le respect dû à l'animal et au souci de ne pas lui causer une souffrance inutile.

Des auteurs opposés à l'abattage sans étourdissement comme Werner Hartinger et autres ont signalé l'absence d'une telle interdiction dans les textes bibliques ou talmudiques. Cette constatation n'est pas démentie par le rabbin Levinger qui s'est pourtant fixé pour objectif de lever l'interdiction de l'abattage sans étourdissement préalable dans toute l'Europe. Il écrit:

"Hartinger, Rowe et d'autres ont soulevé un argument important concernant l'étourdissement dans la littérature juive. Ils avancent l'argument qu'il n'y a pas de normes concernant l'étourdissement avant l'abattage ni dans la Bible ni dans le Talmud. Cet argument est exact. L'étourdissement n'est mentionné ni dans la Torah ni dans le Talmud. Et il ne pouvait pas en être autrement, puisque cette possibilité n'existait pas à cette époque-là. La question fut posée pour la première fois, et de façon aiguë en Allemagne, à la fin du 19ème siècle6."

Selon le Coran :

Le droit musulman a deux sources: le Coran et la Sunnah de Mahomet. Comme pour les juifs, les autorités religieuses musulmanes partent de ces deux sources pour déduire les normes qui s'appliquent aux situations concrètes. Dans cet avis, nous nous baserons notamment sur des fatwas modernes, c’est-à-dire des décisions religieuses, émanant d’organismes ou de personnalités reconnus.

Ni le Coran ni la Sunnah ne contiennent une interdiction de l'étourdissement de l'animal avant de l'abattre. Des auteurs opposés à l'abattage sans étourdissement l'ont relevé. Ceci est confirmé par des autorités religieuses musulmanes.

Face au silence des sources sacrées juives et musulmanes en matière d'étourdissement, on est tenté de déduire l'existence d'une coutume ayant force de loi du fait que les juifs et les musulmans ont pratiqué jusqu'à maintenant l'abattage sans étourdissement.
Or, ni les autorités juives ni les autorités musulmanes contemporaines n'invoquent la coutume pour fonder l'interdiction de l'étourdissement.

Si en effet l'étourdissement de l'animal empêche l'écoulement du sang, on peut considérer l'étourdissement comme contraire aux normes religieuses juives et musulmanes. Mais ceci n'est pas démontré. Le Docteur Samuel Debrot écrit à ce propos:

Le sang (de la bête abattue rituellement) sort rouge, bien oxygéné, car la bête respire après le coup de couteau; mais ses mouvements désordonnés referment souvent la plaie; il est surprenant de constater combien la bête égorgée sans étourdissement saigne mal ... alors que l'on a prétendu généralement le contraire. Je défie les partisans de l'abattage rituel de sortir davantage de sang de la bête par leur méthode. De plus, il est impossible de saigner une bête en éliminant la totalité de son sang. Si Moïse interdit toute consommation de sang, alors donnez-nous de la viande qui ne contient aucune trace de sang! C'est impossible ... alors pourquoi ne pas utiliser de la viande provenant d'un animal étourdi convenablement plutôt que la viande d'un animal brutalisé, agonisant dans la souffrance et dont la viande doit être quoi qu'il en soit dégorgée dans de l'eau pour éliminer toute trace de sang.
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54289

Source : http://www.facebook.com/note.php?note_id=381246210932

 

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