La suspension des « allocs » fait polémique

Publié le par infosplus.over-blog.com

Le contexte

La suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire est possible depuis 2006 dans le cadre d'un contrat parental. Possible mais peu appliqué en France, souvent pour des raisons idéologiques. Sauf dans le département des Alpes Maritimes où 65 contrats ont été signés.

En début de semaine, le chef de l'État a remis le métier sur l'ouvrage en annonçant la systématisation de la suspension du versement des prestations familiales. Et c'est justement le président du conseil général des Alpes Maritimes, Éric Ciotti, également secrétaire national de l'UMP en charge des questions de sécurité qui est porteur d'une nouvelle proposition de loi. Cette dernière veut étendre le dispositif à tout le territoire en plaçant l'inspecteur d'académie au cœur de la décision. Déjà des voix s'élèvent contre, au premier rang desquelles celle d'Éric Favey, secrétaire général de la Ligue de l'enseignement.

Vous semble-t-il judicieux de modifier les conditions d'attribution des allocations familiales ?

Éric Ciotti, Secrétaire général de l'UMP chargé des questions de sécurité. Président du conseil général des Alpes-Maritimes.. Pour des raisons essentiellement idéologiques les conseils généraux dans leur grande majorité refusent d'appliquer la loi du 31 mars 2006. Il faut donc trouver un autre moyen d'action. Aujourd'hui, nous savons que 280 000 élèves sont concernés par un absentéisme grave qui les conduit irrémédiablement vers la voie de la délinquance. Or, dans le département des Alpes-Maritimes, nous avons fait la preuve de la pertinence du dispositif précédent. À ce jour, 65 contrats de responsabilité parentale ont été signés et 8 enfants sur 10 sont retournés à l'école.

Éric Favet, Secrétaire général de la Ligue de l'enseignement. Certainement pas et pour plusieurs raisons. D'abord parce que, dans bien des cas, ce serait infliger une double peine à des familles qui sont déjà dans le besoin et qui ne se réjouissent pas de l'absentéisme de leurs enfants. Ensuite parce que c'est dénaturer les allocations familiales. Elles n'ont pas été créées pour obliger à aller à l'école. Les retirer, c'est aussi absurde que de retirer le permis à quelqu'un parce que son fils est absent en classe. Enfin, on sait déjà que le résultat escompté n'est pas obtenu. Rares sont les contrats parentaux qui ont été signés à ce jour.

Dans quelle mesure peut-on déplacer la prise de décision des conseils généraux aux inspections d'académie ?

Éric Ciotti. Avec le président de la République, nous avons convenu que les inspecteurs d'académie étaient les mieux à même de faire appliquer la sanction. Un premier signalement devra leur parvenir au-delà de quatre demies journées d'absence. Aux parents qui seront convoqués, sera proposé un accompagnement social à l'aide des différents dispositifs qui existent déjà. Après ce premier avertissement, s'il y a récidive, l'inspecteur d'académie sera en mesure de demander la suspension des allocations familiales. C'est effectivement une sanction. Mais elle doit être prise comme une arme de dissuasion sans négliger l'accompagnement social qui doit intervenir en amont.

Éric Favet. Encore un effet d'annonce. Déjà le syndicat des inspecteurs d'académie a fait connaître son désaccord. Par ailleurs je ne sais trop comment cette mesure pourrait être mise en pratique. Les allocations familiales sont gérées par la branche famille de la Sécurité sociale, donc par les partenaires sociaux. Leur a-t-on demandé leur avis ? J'en doute et il m'étonnerait fort qu'ils voient d'un bon œil ce transfert de compétence.

D'autres pistes sont-elles à explorer pour remédier au phénomène des élèves décrocheurs ?

Éric Ciotti. Dans mon département, aujourd'hui, nous allons inaugurer la première école des parents. Évidemment, elle s'inscrit dans la droite ligne des contrats de responsabilité parentale que nous avons signés depuis un an. Dans le projet de loi que je déposerai au président de la République en début de semaine prochaine, ceux qui n'ont jamais rien fait ou proposé pour s'attaquer au problème de l'absentéisme scolaire, ne retiennent que la sanction. Or il y a tout le volet d'accompagnement social qui la précède. Il permet de mieux cerner l'élève décrocheur et de trouver les solutions pour le remettre sur le chemin de l'école.

Éric Favet. La prévention et la réinsertion. Repérer les enfants qui ont perdu l'appétit d'apprendre, parce qu'ils ne suivent pas. Dès l'école primaire il y en a qui sont à l'école et ne rentrent pas dans leur classe. L'institution scolaire doit s'adapter à ces décrocheurs. Des adolescents chez qui le quotidien est très dur à vivre sont en état de rupture. Mais à ces âges rien n'est définitif ni rédhibitoire. Il faut les ramener à la vie commune. Cela passe par des ateliers ou par l'internat. Il faudrait écouter les infirmières scolaires auprès de qui ces ados vont se confier. Il faudrait déjà en augmenter le nombre.

Selon un dernier sondage proposé par CSA, 63 % des Français se prononcent pour la suppression. Qu'en pensez-vous ?

Éric Ciotti. Il me paraît correspondre pleinement aux attentes des Français en la matière. Nombreux sont ceux qui semblent comprendre qu'une sanction est logique en bout de chaîne si une famille ne suit pas les règles de l'école de la République. Nombreux sont encore ceux qui comprennent qu'un enfant qui se livre à la loi de la rue est un enfant en danger et qu'il faut agir vite et sans trembler.

Éric Favet. Sur le fond quelle crédibilité peut-on accorder à ce sondage ? C'est une question fermée que l'on a posée aux personnes interrogées. N'ont-elles pas réagi à l'émotion ? Avaient-elles toutes les informations nécessaires ? Savaient-elles que les Anglais qui ont supprimé les aides accordées aux familles ont déjà constaté leur échec. Au lieu de diminuer, l'absentéisme scolaire a cru de 40 %.

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2010/04/24/822918-La-suspension-des-allocs-fait-polemique.html

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tranquillin 03/06/2010 00:42



Bonsoir,


Je suis travailleur social, est j'ai quatre enfants, mon épous travaille. Nos enfants sont âgés de 6 à 14 ans Seul l'ainé mon fils nous pose problème depuis ses trois ans. Il faut savoir que nous
sommes une famille recomposée, mes deux ainés sont a moi et les deux derniers à nous. Mon fils ne va plus à l'école ou il y est mais ne va pas en cours il se balade dans les couloirs! Nous sommes
pratiquement tout le temps au collège, et il est trés difficile de lui faire entendre raison, car, il n'est plus du tout conecté a la réalité, il n'a aucune maturitée!!! Il a été suivi par un
térapeute durant six ans et maintenant nous lui avons trouvé un éducateur, mais rien y fait!! J'ai fait une demande d'ITEP pour lui car il rend tout le monde fou!!! Je ne vois pas en quoi, couper
les allocations nous aiserai plus car, lui il s'en fiche!!! Nous sommes toujour sur sa peau, et rien change!! Je n'ai aucun problème avec mes autres enfants! Il y a beaucoup de gens dépassés par
leurs enfants, les jeunes deviennent incontrolales, il faut trouver d'autres solutions, à l'aide de travailleurs sociaux de proximité, mais en nombre!!! L'état est-il pret à embaucher plus
d'éducateurs, ou est-ce mieux de sucrer des aides? Enfin tout cela ne m'inspire rien de trés bon pour l'avenir... Faut-il que je quitte mon emploi pour l'amener à l'école et rester l'accompagner
de classe en classe? Pfff n'importe quoi!!! Jusqu'ou ça ira???



Moi 08/06/2010 13:46



Bonjour


merci de votre commentaire.


Pour ma part j'ai deux enfants cela me va bien et c'est suffisant, je les surveille de près sans pour autant leur retirer leur "liberté" loin de là mais dès le départ j'a été vigilant et cela
continue à ce jour, si vous avez un gros soucis avec un de vos enfantsil faudrai svoir ce qu'il a exacteent et de quoi peut venir son comportement?